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L'Ecopôle

L'Estuaire

L'agriculture raisonnée


 

 

Photographie de l’Eure...

Territoire

 

Le département de l’Eure doit son nom au cours d’eau qui le traverse. Il constitue la partie méridionale de la Haute-Normandie. Il est délimité par les départements de la Seine-Maritime, du val d’Oise, des Yvelines, de l’Eure-et-Loir, de l’Orne et du Calvados.

L’Eure est située à proximité de la région parisienne et de ses 10 millions d’habitants. Les ports de Rouen et du Havre, équipés pour l’exportation et l’importation de produits agricoles, sont tout proches.

Les axes Est-Ouest qui traversent le département (autoroute, voies ferrées, Seine, routes nationales) sont très fréquentés et font du département un lieu d’échange.

L’Eure s’étend sur une superficie de 6 010 km2, soit 1/91e du territoire national.

La superficie agricole utilisée et les forêts occupent respectivement 66 % et 21 % du département. Les forêts sont à plus de 80 % des propriétés privées. Le territoire non agricole a crû au détriment de la superficie agricole utilisée d’environ 25 000 ha depuis 1970. Cet accroissement est surtout destiné à la construction d’habitations.

Climat et terre

Le climat départemental est de type tempéré sub-océanique. Il est déterminé par la présence de masses d’air océaniques durant la plus grande partie de l’année.

Les différences de climat à l’intérieur du département sont limitées et liées essentiellement à la proximité de la mer et à l’orientation des vents.

La pluviométrie est en moyenne de 650 mm (160 jours de pluie en moyenne annuelle).
Les températures sont assez douces et de faibles amplitudes saisonnières. Elles sont assez basses en été (16 à 17°C) et douces en hiver (4 à 5°C) ; il y a environ 70 jours de gel par an.

D’une altitude moyenne de 150 m, l’Eure est un département de plateaux faiblement ondulés. Ceux-ci s’abaissent vers le nord-est. Ils sont séparés par des vallées qui délimitent les différentes régions naturelles.

La morphologie de ces vallées est marquée par des phénomènes liés à l’érosion et à la sédimentation fluviale. Elle est caractérisée par les méandres que dessinent les cours d’eau dans leur partie aval.
13 régions naturelles sont présentes sur le département de l’Eure.

L’Eure se situe dans le nord-ouest du bassin parisien. La majeure partie du département est constituée de terrains crayeux. Les couches tertiaires ne sont significativement présentes que dans la portion orientale du département.

La géologie départementale se schématise ainsi :

  • En profondeur, des assises importantes de craie
  • Au-dessus, de l’argile à silex
  • Surmontant le tout, le limon des plateaux.

 

L'agriculture...

Agriculture et département

L’agriculture et les forêts représentent dans l’Eure 5,2 % de l’emploi. L’activité de ce secteur occupe 87 % de la superficie départementale.

La croissance démographique instaure une concurrence entre les diverses fonctions du territoire, espace d’habitations, espace de loisirs, espace naturel, espace agricole, etc.

Le territoire non agricole progresse régulièrement et absorbe environ 1 000 ha de terres agricoles chaque année. Ces terres sont surtout utilisées pour la construction d’habitations et de zones d’activités. Les voies de communication progressent toujours. Les friches sont peu importantes. Elles se trouvent dans le Marais Vernier, dans le Nord-Ouest du département et sur les coteaux des vallées de l’Eure, de l’Iton et de la Seine.

La régression de la superficie agricole utilisée s’accompagne d’une augmentation de la surface de terres labourables. Les surfaces en herbe, 175 000 hectares en 1970 et 94 200 hectares en 1997, ont diminué, tout comme a diminué la production animale. Il y a trente ans lait et viande bovine dominaient. En 1997, les productions végétales représentent 64 % du produit agricole départemental contre 43 % en 1970.

Les Régions agricoles de l’Eure sont nombreuses et diversifiées :

  • Le pays d’Auge, le Lieuvin, le Marais Vernier, le Pays de Lyons ont une vocation herbagère affirmée. La production bovine y domine. Le Roumois est orienté sur la polyculture et l’élevage.
  • Le Neubourg, le Vexin Normand et le Vexin Bossu ont des systèmes de production associant les cultures industrielles (lin, betteraves…), les céréales et les oléaprotéagineux.
  • Les Plateaux d’Evreux, de Saint-André et de Madrie pratiquent la culture des céréales et des oléaprotéagineux.
  • Le Pays d’Ouche a une solide tradition d’élevage bovin, mais de nombreuses exploitations se sont reconverties dans la production de céréales.

33 500 hectares sont drainés essentiellement dans l’ouest du département. Plus de 160 exploitations pratiquent, particulièrement en grandes cultures, l’irrigation. Le sud de l’Eure est principalement irrigué.

 

Produit et revenu brut agricoles

Il y a trente ans, les productions animales, lait de vache et viande bovine, dominaient. À la fin des années soixante, elles se stabilisaient en volume. Les productions végétales poursuivaient une rapide progression, menées par l’expansion du blé tendre. Les céréales réalisent aujourd’hui un chiffre d’affaires semblable des productions animales.

Le maintien du revenu brut agricole de la ferme Eure s’est fait avec la baisse des prix, la création d’aides compensatoires et de moins en moins d’exploitations agricoles. Des 10 000 exploitations de 1987, seules 6 920 subsistent en 1997. Le revenu brut agricole par exploitation est croissant sur la période concernée.

Les prix départementaux, en francs constants, des productions animales et végétales se sont érodés sous les effets de l’inflation et de la réforme de la Politique Agricole Commune de 1993 (Baisse des prix d’intervention des céréales et de la viande bovine). Les pouvoirs d’achat d’un quintal de blé, d’un kilo de viande bovine ou d’un litre de lait ont chuté. Le prix des productions végétales a chuté. Le prix des productions végétales a baissé de 36 % sur la période 1987 -1997. Le prix des productions animales, quant à lui, a diminué de 24 %.

 

Exploitations agricoles

 

Le nombre d’exploitations diminue régulièrement. Entre 1970 et 1997, il a été divisé par deux.

Les installations ne compensent pas les départs à la retraite. Chaque année il y a environ une installation pour trois départs.


En 1997, il y a 6 920 exploitations dans l’Eure. 3 520 sont à temps complet, 3 400 à temps partiel. Entre 1988 et 1995, seuls trois types d’exploitations ont vu leurs effectifs augmenter, les grandes cultures, les élevages de porcs et de volailles.

Dans le même temps, les systèmes céréaliers et bovins lait plus viande ont vu leur effectif divisé par deux. La mise en place des quotas laitiers et la spécialisation croissante des exploitations expliquent cette évolution.

Les exploitations à temps partiel sont pratiquement aussi nombreuses que les exploitations à temps complet. Les exploitations à temps partiel sont orientées vers les productions animales. Elles ne disposent dans l’ensemble que de 10 % de la surface agricole, mais par leur nombre, elles jouent un rôle important dans le maintien de la vitalité en milieu rural.

La superficie agricole utilisée par exploitation est de 58 ha en moyenne. Dans l’ouest du département, les exploitations sont toutefois plus petites que dans l’Est.

 

Agriculture et environnement

La bonne qualité de l’eau est nécessaire à la consommation humaine et au maintien de la faune et de la flore. À l’exception de la Seine, l’Eure et l’Iton, tous les cours d’eau du département sont à vocation salmonicole et donc classés en première catégorie piscicole.

Les engrais minéraux et les effluents d'élevage fertilisent les terres et permettent la croissance des plantes. Pratiquée avec excès, cette fertilisation ruisselle vers les rivières et les bétoires, ou percole vers les nappes phréatiques. Un apport excédentaire de nitrates représente un risque sanitaire et écologique. Afin de maîtriser ces excès, il a été instauré des zones vulnérables. Deux opérations de conseil Ferti-mieux s’adressent à 350 agriculteurs et couvrent 54 communes. L’objectif est de réduire la teneur en nitrate de l’eau par l’optimisation de la fertilisation azotée.

Depuis dix ans, les doses d’azote à l’hectare de blé sont stables. Cette stagnation ne nuit pas à l’accroissement des rendements.

Le ruissellement vers les bétoires est aussi une source de turbidité entraînant une pollution organique et bactérienne des eaux de captage.

L’Eure possède un patrimoine naturel biologiquement riche dont l’équilibre toujours fragile doit être respecté par les activités agricoles, domestiques et industrielles.

 

 

Les cultures...

Céréales et oléoprotéagineux

  • Le blé a été cultivé sur 143 400 hectares en 1997.
    Les rendements sont supérieurs de 9 q/ha à la moyenne nationale.
    70 % du blé collecté est exporté via les ports de la Basse Seine.
    Le blé est la principale production agricole de l’Eure.
  • Les orges couvrent 28 000 hectares en 1997 dont 2 500 d’orge de printemps.
  • Le maïs grain, après le succès des années 70, ne subsiste que dans quelques zones très
    favorables ou en culture irriguée.
  • Les pois protéagineux, introduits à la fin des années 70, ont connu une rapide expansion.
    Ils sont désormais au deuxième rang des productions végétales après le blé. Ils fournissent des protéines pour l’alimentation animale.
  • Le colza a connu une désaffection jusqu’en 1985. Il connait depuis un franc succès. La bonne santé du marché des huiles exerce une influence positive sur le marché du colza.

 

Betteraves, pommes de terre, légumes et pommes à cidre.

 

  • La betterave industrielle est cultivée sur 11 500 hectares en 1997.
    La surface diminue depuis le début des années quatre-vingt, principalement à la suite de la baisse prolongée du prix du sucre hors quota. Après la fermeture de la raffinerie de Nassandres, il ne reste plus dans l’Eure que celle d’Etrépagny.
  • Les plants de pomme de terre sont produits sur 1 340 hectares en 1997.
    710 hectares sont consacrés à la pomme de terre de consommation. Les producteurs pratiquent majoritairement la vente directe.
    126 exploitations maraîchères cultivent 673 hectares de légumes plein champ et de petits fruits rouges dans l’Eure. Elles emploient 170 salariés, 355 hectares sont situés sur la commune de Criquebeuf-Martot.
 
  • Le verger cidricole, sous l’impulsion d’un programme d’aide à la plantation, a été rénové.
    Environ 950 hectares de verger cidricole basse tige sont présents dans l’Eure.
    80 % de la production de ces vergers est destiné à l’industrie, 20 % à la transformation fermière.


 

L’élevage...

Viandes

  • La production de viande bovine est orientée à la baisse.
    En 1997, 21 000 T ont été produites. L’âge des producteurs est élevé. La production de bœufs est une dominante départementale.
  • La production ovine, après la désaffection dans les années soixante, s’est stabilisée autour de 2 000 T par an. Grâce aux agneaux de bergerie, une stabilisation de la production s’opère.
  • Environ 6 000 chevaux sont présents dans le département. Ce sont des chevaux de selle.
  • La production de porcs a diminué entre 1970 et 1983. Elle est de plus de 9 000 T en 1998. La quasi-totalité de la production est assurée par les exploitations des plateaux qui valorisent leurs céréales.
  • 3 700 tonnes de poulets ont été produites dans l’Eure en 1997. Ces volailles sont fermières ou labellisées.

Les espaces disponibles pour l’épandage, l’absence de problèmes sanitaires, sont les atouts des productions hors sol du département.

Lait, œufs

La production laitière est restée constante jusqu’en 1983. L’Eure n’assure plus que 1 % des livraisons françaises de lait, soit 2 132 000 hl en 1997. Le nombre de producteurs est passé de 9 700 en 1970 à 1 373 en 1996. La race Holstein représente 55 % du cheptel laitier de l’Eure. L’industrie de transformation est, en grande partie, installée en-dehors des limites du département.

Un petit nombre d’élevages assurent la production d’œufs. 162 millions d’unités ont été produites en 1997.

 

 

La diversification...

Production fermière

Plus de 250 producteurs fermiers sont recensés dans l’Eure. Ce chiffre est resté stable entre 1994 et 1997. Dans la plupart des cas, la production fermière est une stratégie de diversification.

Les productions fermières les plus courantes sont les volailles, les produits cidricoles, les palmipèdes gras, les fruits et légumes.

La commercialisation de ces produits fermiers se fait en circuit court. La vente à la ferme, les marchés locaux et les magasins de proximité ont la préférence des producteurs.

Les démarches de qualité entreprises ces dernières années portent leurs fruits. Les produits fermiers du département qui bénéficient d’un signe de qualité sont plus nombreux chaque année.

 

Tourisme rural

Deux marques, les Gîtes de france et Bienvenue à la Ferme, sont gérées dans le département par l'ADETMIR qui a également obtenu l'agrément pour commercialiser tous les produits touristiques de l'Eure.

Le tourisme rural est un atout important pour le département. Il permet la conservation d'un patrimoine rural de qualité, le développement d'échanges entre citadins et agriculteurs, entre français et étrangers. Il fournit un complément de revenu apréciable pour bon nombre d'exploitations.

 

 

L’agro-industrie...

50 industries agro-alimentaires

Dans le département de l’Eure, l’agro-alimentaire est très diversifié. Une cinquantaine d’entreprises agro-alimentaires sont implantées dans le département.

Ce sont pour l’essentiel des P.M.E. Une seule entreprise, Saint Louis Sucre, a plus de 500 salariés.

Les coopératives agricoles locales sont peu présentes dans le secteur de la transformation. En revanche, elles assurent les activités de collecte, de stockage et commercialisation des produits agricoles.

Les atouts départementaux pour les industries agro-alimentaires sont nombreux :

  • Les productions agricoles locales sont variées et abondantes. Elles intéressent le secteur de la première transformation (meunerie, abattoirs, sucrerie, alimentation animale, conserve de légumes…) et de la seconde transformation (charcuterie, salaison, fromages, calvados…) ;
  • La proximité des Ports de Rouen et du Havre permet l’accès aux marchés internationaux pour l’exportation et l’importation ;
  • L’implantation au cœur du principal Bassin de consommation français, l’importance des voies de communication (routes, autoroutes, chemins de fer, Seine…) permettent le développement d’autres industries (plats cuisinés, boulangerie industrielle, chocolaterie, confiserie, entremets, desserts, liqueurs, eaux minérales…) ;
  • Un personnel est formé aux technologies des industries alimentaires par l’Institut Universitaire de Technologie d’Evreux ;
  • Des équipes de recherche fondamentale (I.U.T.) et appliquée (Hall de Technologie géré par l’Association Agro-Hall) existent pour les industries agro-alimentaires.

 

La forêt, le lin, le chanvre et la menthe

L’Eure est le département le plus boisé de Normandie. La forêt y couvre 121 500 ha soit 21 % de la superficie. C’est le long des vallées, au bord des plateaux, sur les sols pauvres ou trop pentus que la forêt de l’Eure s’est développée. Les feuillus (chênes, hêtres, peupliers, érables…) peuplent plus de 80 % des futaies départementales. Les forêts sont à 80 % des propriétés privées. En moyenne, le volume de récolte annuel est de 516 000 m3 de bois rond et le chiffre d’affaires de 160 millions de francs. 38 entreprises forestières représentant 180 emplois sont implantées dans l’Eure. La transformation du bois se fait pour l’essentiel hors du département. Depuis une quinzaine d’années, la superficie forestière de l’Eure ne diminue plus.

7 établissements de teillage de lin sont présents sur le département. Les coopératives du Neubourg et de Routot teillent la grande majorité des 540 000 quintaux de lin produits dans l’Eure en 1997.

350 hectares de chanvre ont été cultivés dans l’Eure en 1997. Ils sont destinés à l’industrie papetière et textile. Ce dernier débouché est en phase de développement.

200 hectares de menthe sont cultivés sur le département. Ils sont distillés en huile essentielle de menthe destinée à l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. Regroupés au sein de Normandie Arômes, les producteurs ont une unité de distillation implantée à St André de l’Eure.

Une usine de déshydratation, l’UCDV, est implantée à Saussay dans le Vexin. Elle regroupe 1 500 agriculteurs sociétaires dont 300 planteurs de luzerne.

 

 

L'Eure en France...

Surfaces, livraisons et revenus

Dans les années 90, un ralentissement de la production agricole française s’observait. L’agriculture française s’orientait vers la maîtrise de ses productions. Cette orientation fait partie du passé puisque de 1996 à 1997, les livraisons agricoles françaises ont crû de 4,2 %. Elles atteignent désormais 315,1 milliards de francs.

En 1997, l’agro-alimentaire français dégage un solde du commerce extérieur positif de 64 milliards de francs. Depuis 1980, le commerce extérieur agro-alimentaire français est excédentaire. Le poids des produits transformés ne cesse de progresser dans ce solde.

L’Eure participe à hauteur de 1 % aux livraisons agricoles de la ferme France. Ce sont les productions végétales, en particulier le blé, qui concourent le plus à ce résultat.

La superficie moyenne des exploitations de l’Eure est supérieure, + 50 %, à la moyenne nationale. Le revenu moyen des fermes départementales est plus élevé que le revenu moyen national. La différence est de l’ordre de 7 %.