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Les forêts domaniales

Le Parc des
Boucles de la Seine

La Risle



 

 
 

La forêt domaniale de Montfort :

La superficie de la Forêt domaniale de Monfort, qui s’étend sur dix territoires communaux, a très peu fluctué depuis 500 ans : de 1.720 ha (3.326 arpents) en 1541, elle passe à 2.043 ha en cette fin de XXe siècle.

Origine :

 

(Production ONF)

Ancienne forêt seigneuriale des Comtes et Barons de Montfort dont elle tire le nom, elle fut rattachée aux domaines de la Couronne de France en 1204 et fut cédée en 1550 à la famille d’Annebault.
1784 vit son retour au sein des domaines de la Couronne avant de devenir définitivement domaine national en 1833.
Elle fut grevée de multiples droits d’usage, parfois abusifs, accordés à une population rurale qui en tirait sa subsistance jusqu’à la fin du XIXe siècle.
À partir de 1840, la moitié de sa surface ainsi minée fit l’objet d’un reboisement sans précédent par l’introduction d’une variété résineuse de provenance alsacienne : le Pin sylvestre et ceci en l’espace d’un demi-siècle. Certaines futaies issues de ces reboisements dressent leurs fûts majestueux jusqu’à plus de 35 m de hauteur.
L’omniprésence du résineux (65 % de sa surface) accentuée après la deuxième guerre mondiale fait de ce massif une forêt atypique, qui l’individualise de la forêt normande traditionnelle et en assure la réputation dans toute la région.

 

Présentation de la forêt :

 

Gérée par les Eaux & Forêts puis depuis 1966 par l’Office National des Forêts, elle remplit pleinement ses trois missions : PRODUCTION, PROTECTION et ACCUEIL.

Production :

Productrice de bois de qualité (Pin Sylvestre, Chêne, Hêtre), elle concourt à l’alimentation des scieries et industries papetières locales.

Protection :

Protectrice, elle participe à la conservation des espèces végétales et animales, à la protection des sols, à la mise en valeur des paysages et à l’amélioration de la qualité des eaux puisque deux stations d’eau potable intégrées dans le paysage forestier alimentent la population de proximité depuis les années 80 à partir du grand Val et du Chêne à la Vierge. Deux ruisseaux prennent leur source au pied de ses vallées, à l’extérieur de la forêt le Claireau et le Doult Billou qui alimentent au passage, de leurs eaux claires, une pisciculture.

Accueil :

Accueillante, elle développe depuis une vingtaine d’années son rôle social.
À l’écart des zones urbaines importantes, elle garde encore aujourd’hui, son caractère rural qui lui confère une réputation de forêt tranquille où il fait bon se promener et se ressourcer.
Pour satisfaire aux demandes d’une population de visiteurs, actuellement en augmentation, des aménagements divers et nombreux ont vu le jour (panneaux d’information, de signalisation, tables, bancs...) pour que chacun puisse bénéficier à sa manière et au moment où il le souhaite, des richesses offertes généreusement par la forêt dans le respect des équilibres : la forêt reste un milieu fragile.
Le promeneur ou randonneur pourra emprunter les routes, chemins et layons. De plus, il pourra suivre trois circuits pédestres balisés G.R 224D Circuit des Séquoias (8.20 km) et circuit pédestre du Rond de Beuvron.
En outre, dans un but pédagogique, un circuit de découverte de seize essences forestières existe au départ de l’aire du Catelier sur 2.700 km. La randonnée équestre est possible sur 29 km de sentiers balisés du Nord au Sud de la forêt.
À l’intérieur du massif, trois aires d’accueil aménagées pour le pique-nique, la détente, le jeu et l’information ont vu le jour sur un itinéraire touristique ouvert à la circulation. Chacune bénéficie d’une surface de stationnement :

L’aire du Rond Fleury

 

L'aire du Catelier

 

(Production ONF)

Mare du Catelier

 

L'aire du Rond de Beuvron

 

(Production ONF)

 

La flore :

 

Les essences forestières les plus couramment rencontrées sont :

 

Hétre (production ONF)

 

Les feuillus : (40 % de la surface)

Taillis sous futaie évoluant vers la futaie (30 %) :


- Réserves (arbres de futaie) constituées de Chênes, Hêtres, Frênes, Merisiers, Bouleaux, Châtaigniers, Charmes, Érables, Sycomores.


- Taillis (Charmes, Bouleaux, Trembles, Châtaigniers, Tilleuls).

 

Futaie feuillue (10 %) :


- Chênes, Hêtres, Érables, Merisiers.

Pin Sylvestre (production ONF)

Les résineux : (60 % de la surface)
- Pins Sylvestre, Épicéas communs, Épicéas de Sitka, Sapins, Mélèzes, Douglas, Pins Laricio.

 

 

En marge des essences et peuplements forestiers " classiques ", la forêt abrite quelques arbres ou sites remarquables tels qu’une allée de Séquoias, un peuplement de Tsugas Hétérophylle, un Orme adulte en pleine santé ou encore un Chêne abritant une " Vierge ".

(Production ONF)

Processus d’évolution :

Par M. Le Belleguy, représentant de l’O.N.F.

 

Au cours des siècles derniers, les peuplements forestiers ont été modifiés sous l’action de l’homme.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les peuplements feuillus traités en taillis simple à rotation très courte (8-10 ans), puis, jusque vers 1962, en taillis sous futaie (rotation de 30, puis 36 ans) se sont considérablement dégradés, en même temps, la podzolisation* s’accentuait au moins sur les stations sensibles (formations caillouteuses).

Sur ces zones, les peuplements ont progressivement évolué vers la lande à fougère, myrtille, parfois callune, parsemée de quelques bouleaux, et chênes rabougris.
En 1869, on recensait 421 ha de ces vides improductifs, ce qui justifia l’introduction massive du pin sylvestre (essentiellement entre 1840 et 1890). Contrairement à d’autres forêts (ex : Lyons), la conversion du taillis sous futaie, après avoir été envisagée lors de l’aménagement de 1869, fut dès 1889, définitivement abandonnée. Enfin, entre 1963 et 1978, une politique très " énergique " de transformation des taillis sous futaie, par reboisement après coupe rase, généralement sur les meilleurs sols, accentua encore le niveau d’enrésinement de la forêt.
Si depuis 1978 des efforts importants de reconstitution de peuplements résineux en peuplements feuillus ont été entrepris, des difficultés liées à l’état avancé de podzolisation des sols se sont révélées insurmontables et dans bien des cas le recours à la génération naturelle de Pin sylvestre a été choisi. Ceci afin de coller au plus près aux prévisions de régénération sur la durée de l’aménagement.
Si des résineux ont été introduits après guerre à l’emplacement de sols potentiellement acceptables aux feuillus, cette génération de résineux une fois arrivée à maturité laissera le champ libre à la réintroduction du feuillu initial, sans perte de qualité du sol, afin de rétablir la biodiversité et la vocation première de ces sols (la tempête en précipite actuellement l'issue).
La connaissance actuelle de la pédologie (étude des sols) et de ses relations avec les essences forestières nous permettra de réintroduire les essences optimales par type de sol et assurer la gestion durable de la forêt. La difficulté réside dans la régénération des pineraies implantées sur les zones dégradées dont elles accentuent la podzolisation.
Un changement d’essences (pin sylvestre en pin laricio sera réalisé, tout en maintenant la régénération naturelle de pins sylvestres pour les plus beaux peuplements en introduisant en accompagnement quelques essences feuillues compatibles (châtaignier, bouleau, chêne rouge) et ainsi limiter la progression de la fougère aigle.
Si la flore se trouve réduite dans la diversité à cause de l’acidité très forte des sols à pins sylvestre, les zones de fonds de vallon et pentes calcaires ont une diversité floristique importante (orchis pourprée, arum, parisette, mercuriale, etc…) qui font de la forêt de Montfort une forêt extrêmement variée.
La qualité des paysages accentuée par une topographie particulièrement mouvementée fait de cette forêt un massif atypique prenant des " airs de petites Vosges ".

*podzolisation : mécanisme de la transformation d'un sol en podzol provoqué par l'action des acides humiques migrant en profondeur capables de dégrader le complexe absorbant du sol en détruisant l'argile.

La Faune :

La faune varie peu de la faune des autres forêts normandes. Seuls le cerf et la biche sont absents en raison de l’exiguïté de la forêt.
Le chevreuil disparu après guerre a été réintroduit à partir des années 80 avec des souches venant des Landes, des forêts d’Eawy et de Rambouillet. Il représente aujourd’hui une population qui s’est étendue aux forêts riveraines et qui est soumise à la régulation par la chasse dans une fourchette régulièrement accordée par le plan de chasse réactualisé annuellement. Il n’est pas rare au promeneur matinal et silencieux, de pouvoir en observer 1, 2 ou 3 à la dérobade. Actuellement une étude quantitative et qualitative de cette espèce est en cours sur plusieurs années pour connaître également sa pression sur la flore forestière.
Sangliers, renards, lapins, blaireaux, martres, lièvres, pigeons, bécasses sont également courants en forêt de Montfort.

Quarante-quatre espèces d’oiseaux ont été inventoriées sur le massif par le Groupe Ornithologique Normand (GONm).
N'hésitez pas à cliquer afin de consulter leur site...

Liste des oiseaux :

Buse Variable Chouette Hulotte Grive Musicienne
Milan Noir Engoulevent Fauvette à tête noire
Faucon Hobereau Pic Vert Pouillot Fitis
Faucon Crecerelle Pic Noir Pouillot Véloce
Faisan de Chasse Pic Epeiche Pouillot Siffleur
Bécasse Pic Mar Roitelet Huppé
Pigeon Ramier Pipit des Arbres Mésange à longue queue
Pigeon Colombin Troglodyte Mignon Mésange Nonnette
Tourterelle des Bois Rouge Queue à Front Blanc Mésange Huppée
Coucou Gris Rouge Gorge Mésange Bleue
Hibou MoyenDuc Merle Noir Mésange Mésange Charbonnière
Sitelle Torchepot Grimpereau des jardins Bruant Jaune
Pinson du Nord Verdier d’Europe Tarin des Aunes
Linotte Mélodieuse Bouvreuil Gros-bec
Loriot d’Europe Geai des Chênes  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Photos d'un ENGOULEVENT
Prises par Christian Gérard (adhérent GONm)

 

 

La forêt domaniale de Brotonne

 

(Production ONF)

Département : Seine-Maritime
Communes : La Mailleraye-sur-Seine, Vatteville-la-Rue
Organisation administrative ONF :
- Division de Rouen, Chemin de la Brétèque 76230 Bois-Guillaume
Tél. : 02.35.12.24.24
Superficie : 6430 ha 40 a 47 ca. La surface a été stable dans le temps.

 

Origine :

 

Lors de l’occupation romaine, cet endroit était habité comme en témoignent de nombreux vestiges. À l’époque gallo-romaine, ce lieu était occupé par une activité agricole importante, la forêt ne se constituant qu’au cours du premier millénaire. Aussi, la forêt renferme une richesse archéologique importante (4 villas gallo-romaines).
Elle porta d’abord le nom d’ " Arrelanum Sylva ". Le nom de Brotonne n’apparaît qu’au VIIIe siècle.
À partir de 911, la forêt appartenait au duc de Normandie. Elle a été rattachée au domaine royal en 1204.
À la révolution, elle a été déclarée bien national et a même été baptisée " forêt de l’unité nationale ".
Les contours actuels de la forêt sont figés depuis le IXe siècle. Des défrichements très limités ont eu lieu aux XVIe et XVIIe siècles.

Présentation de la forêt :

 

La forêt occupe en partie (50%) de l’avant dernière boucle de la Seine appelée " presqu’île de Brotonne " d’une surface de 15 000 ha. Cette boucle encercle un plateau de 60 m d’altitude, doucement incliné au sud vers le nord et aux limites abruptes à l’est et à l’ouest.
Ce relief est fortement modifié par la présence d’un ancien méandre et très accentué au sud par des vallées sèches, anciens affluents de ce méandre.
Le climat est de type océanique avec un faciès bioclimatique déficient (température moyenne basse mais à faible amplitude, précipitations bien réparties, peu de jours de gelée, déficit hydrique marqué en période estivale).
La forêt repose sur une assise crayeuse du crétacé supérieur apparaissant ponctuellement dans les fortes pentes. Les formations superficielles couvrant la quasi-totalité de la forêt sont représentées par les formations à silex, les alluvions anciennes, le limon des plateaux et colluvions de fond de vallon.
La forêt présente un intérêt paysager surtout par son effet de masse. Elle est visible de loin de l’autre côté de la Seine. De l’intérieur de la forêt, il y a aussi de beaux points de vue sur la vallée de la Seine.
La forêt située à proximité de complexes industriels importants subit une importante pollution de fond sans que l’on observe actuellement de dépérissement des arbres.
La forêt de Brotonne forme avec la forêt du Trait-Maulévrier l’ossature du Parc Naturel Régional de Brotonne. Le nombre de visites par an est estimé à 390 000 pour la forêt de Brotonne. Son évolution a tendance à s’accélérer du fait de son image extrêmement positive auprès du public et de l’attrait actuel du tourisme vert.
La fréquentation se fait selon des points de concentration aménagés à cet effet (aire du Grand Maître, aire des Bois de Fécamp, du Champ, du Chêne Cuve, etc…) avec parkings, panneaux d’information, table-bancs, pelouses, plus une halle à l’aire du Grand Maître (Quelques zones de la forêt sont interdites au public pour risque d’incendie).

(Production ONF)

Quelques curiosités :

Chapelle St Maur, Chêne Cuve, Hêtre Chandelle.

 

La flore :

Futaie adulte : Hêtre (production ONF)

Les essences forestières :
Feuillus : chêne : 10 %, hêtre : 59,7 %, autres feuillus : 10,4%
Résineux : épicéa commun : 0,6 %, pin sylvestre : 14,8 %, autres résineux : 3,4%
Vides boisables et non boisables : 1,1%

Les peuplements forestiers :
Futaie feuillue 0 à 30 ans : 20,6 %
Futaie résineuse 0 à 40 ans : 8,4 %
Futaie feuillue 31 à 90 ans : 27,6 %
Futaie résineuse 41 à 80 ans : 6,5 %
Futaie feuillue 91 à 151 et plus : 32,1 %
Futaie résineuse 81 à 121 ans et plus : 4,4 %
Vide non reboisable : 0,4 %

Il existe de nombreux arbres et peuplements remarquables et des peuplements classés pour la récolte des semences forestières (hêtre et pin sylvestre).
Compte tenu de la présence des peuplements résineux au nord de la forêt, le risque d’incendie est un facteur à prendre en compte en particulier au printemps et en été.

 

Les habitats naturels :
On trouve :

- 5 habitats forestiers principaux : la hêtraie calcicole à laurier, la hêtraie à jacinthe, la chênaie-hêtraie acido-mésocline à oxalis, la chênaie-hêtraie acidiphile à houx, la chênaie sessiliflore à néflier.

- Des habitats forestiers remarquables mais localisés : la frênaie-ormaie à scolopendre, la hêtraie calcicole à faciès à buis, la frênaie-érablière à mercuriale, la frênaie-charmaie de fond de vallon, les boulaies de dégradation.

- Des formations associées à la forêt : les pelouses calcaires, les corniches à ifs, les landes, les mares et les bois tourbeux. La flore de la forêt de Brotonne est très riche et variée. Cependant, il n’a été relevé que quelques espèces protégées au niveau régional (orchidées, hottonie des marais, …).

La faune sauvage :

 

La forêt abrite une faune riche et variée. On y rencontre des espèces remarquables telles que chauves-souris, tritons, reptiles, insectes, oiseaux protégés au niveau national.
Parmi les gibiers, on peut citer :

- le cerf, la population est estimée à 210 animaux
- le chevreuil, l’effectif est estimé à 250 animaux
- le sanglier, la population est difficile à estimer, mais on suppose une densité minimum de 7 animaux aux 100 ha compte tenu des tableaux de chasse réalisés.

Le grand gibier est bien représenté en forêt de Brotonne, ce qui entraîne une pression forte sur le milieu (agriculture et forêt) et des mesures de protection telles que des clôtures (cultures) ou des engrillagements (plantations).

 

 

Compléments d'informations sur les forêts :

Communiqué de l’O.N.F. suite à la tempête du 26/12/1999 :

 

Les arrêtés préfectoraux de l’Eure et de Seine-Maritime interdisant la fréquentation des forêts après la tempête du 26 décembre dernier ont été levés respectivement les 01/03/2000 et 01/02/2000.

Depuis la fin décembre 2000, nous avons engagé des travaux de sécurisation, notamment sur les aires d’accueil, de stationnement, les bords de routes publiques ou privées ouvertes à la circulation publique.
La forêt n’en reste pas moins dangereuse et le restera pendant encore de nombreuses semaines, même avec le temps les risques s’amenuisent.
Ceux-ci sont proportionnels à l’importance des coups de vent et les dommages causés peuvent être variables au sein d’une même forêt selon les zones.
D’autre part, des événements météorologiques tels que vent, givre, grosse pluie, …sont susceptibles d’accentuer ces risques.

Les dangers sont les suivants :

- arbres fragilisés, voire penchés susceptibles de tomber à tout moment, surtout avec les sols détrempés ;
- idem pour les arbres encroués (c’est-à-dire tombés sur un autre) qui peuvent déstabiliser leur " soutien " ;
- branches cassées en équilibre dans les houppiers ;
- trou de chablis (arbre renversé) qui peut se trouver masqué par des branchages, feuilles, etc…
- arbre au sol qui peut rouler ou casser sous l’effet du poids d’une personne ou d’un enfant qui monterait dessus.
La règle générale est de rester sur les chemins et de ne pas rentrer dans les parcelles.

Randonnées de groupe :
Il est important lorsque l’on emmène des groupes en forêt, de veiller à leur sécurité par rapport aux dangers évoqués ci-dessus. Il est actuellement indispensable d’aller reconnaître les parcours au préalable. Seule cette reconnaissance permettra de se rendre compte de visu des risques éventuels encourus et de la nécessité ou non de trouver un tracé plus sûr.
De plus, il est possible que des balisages disparaissent et la nouvelle configuration des lieux peut éventuellement amener les gens à s’égarer.
Les randonnées en forêt sont fortement déconseillées par temps de vent et il est prudent dans ce cas de préparer une randonnée de " secours " en zone moins dangereuse.
Il est de la responsabilité de l’organisateur d’être vigilant sur l’ensemble de ces points.

Estimations des dégâts :
Voici à titre d’information les estimations des volumes de bois touchés forêt, en Haute-Normandie. Ces chiffres permettent de se rendre compte des dégâts occasionnés et des risques proportionnels :

Forêts touchées de L’Eure Forêts peu touchées Seine-Maritime Forêts plus touchées Seine-Maritime
Montfort : 80 000 m3
Lyons : 150 000 m3
Bord-Louviers : 300 000 m3
Les Baux de Breteuil : 80 000 m3
Eu : 600 m3
Eawy : 1 400 m3
Trait-Maulévrier : 4 000 m3
Verte : 4 000 m3
Brotonne (domanial+communales) :
42 000 m3
Roumare : 50 000 m3
Rouvray-La Londe-Madrillet : 85 000 m3

 

Traces de la tempête pendant les mois et années à venir :
Les forestiers ont pour priorité actuelle les enjeux économiques, écologiques et sociaux liés aux effets de la tempête :
- commercialiser les bois qui ont encore une valeur marchande, et alimenter la filière bois très touchée ;
- essayer de protéger la forêt contre les attaques de champignons et insectes ;
- sécuriser les routes, chemins pédestres et équestres et les sites privilégiés d’accueil du public
Le volume de bois au sol et l’ampleur de la tâche ne permettront pas de résoudre le problème en quelques mois. L’Est de la France a été beaucoup plus touché que notre région et la Normandie est tributaire du marché national très perturbé.
Il est important de souligner qu’il faut que les bois aient trouvé acquéreur pour être sortis de la forêt. Ce sont les bûcherons des exploitants forestiers ayant acheté les bois qui débitent les arbres. De plus, il n’est possible d’exploiter ces arbres qu’avec une main d’œuvre qualifiée vu le danger de ces travaux. Il en est de même pour tout dégagement de sentier, la sécurité doit rester un maître mot pour tous. Le reboisement interviendra dans un deuxième temps au mieux à partir de l’an prochain.
Il est probable que tous les arbres cassés ou renversés ne puissent être vendus et qu’il en reste une partie dans les massifs forestiers. La matière va petit à petit retourner au sol et l’enrichir. Il est même souhaitable de laisser certains de ces arbres pour entretenir la biodiversité dans le milieu forestier.

Conclusion :
À l’échelle de l’évolution de la planète, cette tempête n’est qu’un incident.
À l’échelle de la vie d’un homme, elle représente un traumatisme affectif et économique important. La nature reprend toujours ses droits, mais il faut lui laisser un peu de temps.
Les activités et loisirs en forêt vont être perturbés pendant un certain moment. Il appartient à chacun d’être patient et de tirer tous les enseignements de cette leçon de la Nature.

Les différentes méthodes de gestion des peuplements forestiers :

 

Le taillis :
Peuplements réservés à certaines essences feuillues telles :
Charme, Bouleau, Chêne, Châtaignier, Tilleul, Aulne, Tremble, Robinier.
Le taillis est formé essentiellement de brins provenant du développement des rejets à partir d’une souche et de drageons à partir des racines.
Les rejets groupés sur une souche forment une cépée.
C’est une méthode de moins en moins utilisée en France.
Produits : bois de chauffage, trituration, pieux, échalas.

La futaie :
Une futaie est formée par des arbres provenant du développement d’une graine.
Elle peut être réalisée naturellement par dissémination des graines d’arbres en place ou à proximité (à l'aplomb du houppier pour les graines lourdes - glands et faines - et jusqu'à plusieurs centaines de mètres pour les graines légères - résineux ou samares -).
Elle peut être réalisée artificiellement par plantations de jeunes arbres élevés en pépinière.
Elle s’applique aux résineux comme aux feuillus qui doivent avoir :
- une longévité suffisante
- produire du bois d’œuvre de qualité
- pouvoir se régénérer naturellement.
Seul traitement applicable aux résineux car ils ne produisent pas de rejets de souche après coupe.
Essences feuillues les plus courantes : Chêne, Hêtre, Érable, Châtaignier, Merisier.
La futaie peut être :

Régulière
Irrégulière
Arbres de même âge et mêmes dimensions

Arbres de différents âges et différentes dimensions.

- Mélangée : plusieurs essences

- Pure ou mono spécifique : une seule essence

Avantages :

+ productive
+ bois d’œuvre de plus haute qualité
+ adaptée aux essences de lumière

Avantages

+ favorable aux forêts de protection (montagnes, dunes)
+ résiste mieux aux accidents
+ réservée aux essences d’ombre (sapins)
+ préserve les qualités paysagères

La futaie est le mode de traitement le plus utilisé en France, le plus proche des besoins actuels.

Le taillis sous futaie :
Méthode mixte à deux niveaux de végétation associant :
- des arbres de futaie au niveau supérieur, d’âges, de tailles, d’essences diverses réparties irrégulièrement. Ce sont les arbres de réserve.
- des brins issus de rejets au niveau inférieur complet, qui couvrent toute la surface, d’âges égaux.
Il ne s’applique qu’aux essences feuillues.
On y trouve souvent une grande variété d’essences tant dans le taillis que dans la futaie (Chêne, Hêtre, Châtaignier, Frêne, Charme, Orme, Érable, Fruitier, Bouleau, Tremble).
Méthode encore régulièrement en vigueur dans la forêt privée, de moins en moins dans la forêt communale et abandonnée dans la forêt domaniale où la majorité des taillis sous futaie se dirige vers une régularisation et une conversion en futaie régulière.

LA MALADIE DE LYME :

 

Une maladie contractée essentiellement en forêt qui est due à la morsure d’une tique porteuse d’un agent infectieux (Borrélia burgdorferi).
Sont exposées au risque de maladie toutes les personnes fréquentant la forêt pour raisons professionnelles (agents de l’ONF et de l’ONC, ouvriers sylviculteurs, bûcherons, gardes-chasse, agriculteurs…) ou de loisirs.

La tique :
De l’espèce Ixodes ricinus dont tous les stades (femelles, nymphes et larves) peuvent être infectés.
Périodes à risques
D’avril à novembre : avec un pic dans la période où les tiques sont les plus actives c’est-à-dire d’avril à juin.

Zones à risques :
La densité des tiques étant liée au nombre de cervidés et de sangliers qui sont des hôtes intermédiaires, les zones à risques sont principalement celles fréquentées par ces animaux.

La maladie de Lyme :
L’un des premiers symptômes, dans la plupart des cas, est l’érythème migrant. Il apparaît au point de morsure comme une rougeur de plus de 5 centimètres de diamètre. Son délai d’apparition est de 2 à 32 jours après la morsure.
Il est important de faire le diagnostic dès ce stade car les traitements antibiotiques sont alors très efficaces.
Il faut aussi penser à la maladie de Lyme en cas de :
- symptômes neurologiques (méningite, paralysie faciale, méningo-radiculonévrite, etc.) ;
- symptômes articulaires
- symptômes cardiaques, ophtalmologiques, etc…
même si la morsure est ancienne ou passée inaperçue.
Votre médecin traitant doit être consulté au moindre doute.

Le diagnostic de la maladie de Lyme repose sur :
- des signes cliniques, comme indiqué ci-dessus, associés à la notion de fréquentation de la forêt.
- La sérologie (prise de sang) ne vient que confirmer le diagnostic clinique. Elle n’est significative que plusieurs semaines après la morsure.
La maladie de Lyme est reconnue comme maladie professionnelle et inscrite au tableau n°19 du Code de la Sécurité Sociale et n°5 du code Rural.
Tout diagnostic médical de maladie de Lyme doit être déclaré comme maladie professionnelle.
Le médecin de prévention est à votre disposition pour vous apporter ses conseils.

Le traitement :
Le traitement repose sur la prise d’antibiotiques.

La prévention :
Il existe des répulsifs à appliquer sur la peau, ou sur les vêtements mais leur utilisation éventuelle ne doit pas dispenser des mesures de précaution ci-après.
Dans les zones à risques, veiller à ne pas travailler jambes ou bras nus.
Chaque jour après le travail, au cours de la douche, par exemple, rechercher les tiques. Il est important de les retirer le plus rapidement possible car le risque de transmission de la maladie augmente avec le temps de fixation.

 

Contact :

Vous pouvez contacter le Groupe Ornithologique Normand (GONm) :
http://gonm.free.fr sur leur site...
gonm@wanadoo.fr par e -mail...