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Les forêts domaniales

Le Parc des
Boucles de la Seine

La Risle


Le Parc des Boucles de la Seine Normande

Le Marais Vernier :

Une histoire naturelle... :

Ancien méandre de la Seine, le Marais Vernier forme un amphithéâtre naturel de 45 km2 entre la Seine et les collines boisées. Ce cirque paysager bénéficie d’un microclimat et son paysage recèle une faune et une flore d’une richesse insoupçonnée.
Des endiguements se sont succédés. La digue des Hollandais au XVIIe siècle et celle du XIXe siècle ont figé le cours actuel de la Seine et asséché en partie le marais en le rendant plus accessible à l’entreprise humaine.

Le paysage, forgé durant des siècles, résulte des relations entre l’homme et les contraintes naturelles. Les bois demeurent sur le haut de la pente et protègent de l’érosion les cours plantés de vergers. Au niveau de la route, la pente se raccorde au marais proprement dit, lieu de fauche et de pâturage prolongé par les zones céréalières au nord de la digue. Les aulnes sont les arbres typiques du marais. Leur nom populaire, le " Verne ", est sans doute à l’origine du nom " Marais Vernier ".

 

L’habitat du Marais Vernier :

Les chaumières du Marais Vernier succèdent à la périphérie de la boucle et ne peuvent être atteintes par la montée des eaux. Un bocage de haies " à houx " les entoure.
Leur architecture typique provient des ressources locales.
Les colombages en chêne sont issus des bois voisins.
Les roseaux de la Grand’Mare constituent les toitures traditionnelles. Les soubassements sont construits avec des pierres et silex du sous-sol. Enfin, le torchis est fabriqué à partir des limons prélevés sur place.
Les chaumières du plain-pied sont parallèles à la pente. Mais celles qui lui sont perpendiculaires possèdent une cave semi-enterrée appelée " cafoutin ".
Celle-ci est réservée au stockage des fruits et légumes.

 

La fête de l'étampage au Marais Vernier :

Depuis 1973, la tradition de l'étampage a lieu au Marais Vernier une fois par an. L'étampage consiste dans le marquage traditionnel du bétail. Ainsi, il y a une quarantaine d'années on voyait passer à l'étampage jusqu'à 900 bêtes chaque année, marquées auparavent des initiales de leurs propriétaires (car les bagues n'existaient pas) puis étampées par les conseillers municipaux. De huit heures du matin à midi, le bétail était marqué au fer rouge (sur la corne) du MV représentant la commune du Marais Vernier. Le "V" tournait d'un quart de tour dans le sens des aiguilles d'une montre chaque année, pour éviter la fraude dans les 500 hectares de biens communaux où elles étaient ensuite dirigées. Pour avoir droit au parcours communal, il fallait et il faut toujours être natif du Marais, habité la commune (ou y avoir une habitation), avoir 25 ans accomplis pour un célibataire ou être marié depuis le 28 février de l'année en cours et si ni l'un ni l'autre ne sont natifs de la commune, ils doivent attendre 5 ans pour mettre les bêtes en pâturage ou pour percevoir les 660 francs de rétribution annuelle, comme en bénéficient les 130 ménages du Marais Vernier qui ne mettent pas de bestiaux en pâture dans les 320 hectares loués par la commune. Cette fête reste donc respectée avec toutefois quelques modifications : on ne pratique plus l'étampage des chevaux et la difficulté réside à trouver des bêtes qui puissent être conduites à la corde.
C'est donc pendant la traditionelle fête du 1er mai qu'a eu lieu l'etampage à partir de 10h30.

Pour voir la vidéo de la fête de l'étampage au format quicktime, cliquez ici...

 

La Réserve Naturelle des Mannevilles

 

La Réserve Naturelle des Mannevilles, au cœur de la boucle, est gérée par le Parc de Brotonne. Un troupeau de bovins d’Écosse et de chevaux de Camargue l’entretient de manière naturelle. Les étangs naturels, dont la Grand’Mare, abritent les oiseaux nicheurs ou migrateurs au sein des roselières, des iris des marais et des orchidées.
Une ancienne mare porte une petite tourbière bombée à sphaignes et rossolis à feuilles rondes.
Divers plans d’eau naturels et artificiels (chenaux, fossés, mares) diversifient encore la réserve.
Ainsi de nombreuses plantes aquatiques s’y développent dont la petite utriculaire, l’hydrocharis des grenouilles, l’âche inondée, le cresson à petites feuilles.

 

 

Situation et historique :

Situé dans un ancien méandre de la Seine au nord-ouest du plateau crayeux du Roumois, le marais Vernier (4 500 hectares) abrite la plus importante tourbière française et constitue le fond de l’estuaire. Halte privilégiée sur le grand axe migratoire de l’Ouest de l’Europe, le marais Vernier, au sein d’une région fortement industrialisée et aménagée, constitue un îlot de nature encore riche.
Pour mieux préserver cette Zone naturelle d’intérêt écologique, floristique, faunistique (ZNIEFF), également Zone d’importance communautaire pour les oiseaux (ZICO), un réseau d’espaces protégés complémentaires s’est progressivement mis en place :

- réserves de chasse et faune sauvage de la Grand’Mare, propriété de l’Office national de la chasse et de la Ferme modèle, propriété de la Fondation nationale pour la protection des habitats français de la faune sauvage, toutes deux gérées par la Fédération départementale des chasseurs de l’Eure ;
- arrêté préfectoral de protection de biotope des Litières de Quillebeuf-sur-Seine, propriété privée gérée en liaison avec le Parc naturel de Brotonne ;
- site des Courtils du marais Vernier, géré par le Conservatoire des sites naturels de Haute-Normandie ;
- réserve naturelle volontaire des Courtils de Bouquelon, propriété privée gérée par des naturalistes ;
- réserve naturelle des Mannevilles enfin, propriété de 93 ha acquise en 1973 par le ministère de l’Environnement et gérée par le Parc naturel régional de Brotonne.

Ce sont ainsi environ 380 hectares qui bénéficient d’une forte protection.
Par ailleurs, l’adhésion de nombreux éleveurs aux mesures agri-environnementales européennes permet de préserver par une gestion appropriée une grande partie des prairies humides servant d’écrin à ces 6 espaces protégés.

 

Milieu naturel :

 


Vaches d'Ecosse et chevaux de Camargue
source : Parc de Brotonne

Autrefois utilisées pour le pâturage ou la fauche par les agriculteurs locaux, les prairies humides tourbeuses représentent le milieu caractéristique de la réserve.
L’abandon progressif de ces terrains difficiles a eu des conséquences importantes sur la richesse écologique. L’arrêt de l’exploitation des prairies provoque un enfrichement (roseau, calamagrostide) puis un boisement (saule cendré, bouleau pubescent) conduisant à un milieu fermé très pauvre au niveau biologique.
Un mode original de réhabilitation et de gestion des milieux dégradés a été expérimenté pour la première fois en France sur la réserve : le pâturage extensif par des races rustiques.
L’action des herbivores bloque la dynamique de boisement et maintient un milieu ouvert : les vaches d’Écosse (Highland) et les chevaux de Camargue " travaillent " sur la réserve avec succès depuis une quinzaine d’années. Résistantes aux conditions climatiques hivernales, adaptées aux milieux humides, et d’un appétit très éclectique (elles ne délaissent ni les joncs, ni les saules), ces races archaïques miment l’action des grands herbivores sauvages, maintenant disparus, qui entretenaient de vastes surfaces de prairies.

 

 

Flore :

 


Orchis à fleurs lâches
source : Parc de Brotonne

Les espèces oligotrophes typiques des bas marais alcalins habritent ces prairies tourbeuses très riches (jusqu’à 98 espèces sur des parcelles de 6 ha) : l’écuelle d’eau, le cirse des Anglais, la lobélie brûlante, le troscart des marais, l’orchis à fleurs lâches, l’orchis négligé…s’éparpillent parmi les iris des marais et les lychnis fleur-de-coucou.
Des remontées d’eau saumâtre de la nappe de la Seine (proche de son estuaire) profitent à quelques espèces légèrement halophiles, dont la présence aussi à l’intérieur des terres est remarquable : samole de Valérand, guimauve officinale, jonc de Gérard.
Dans les éclaircies de la boulaie occupant les bords de la Crevasse, croissent des espèces turficoles comme l’osmonde royale et le piment royal.

 

 

Faune :

Située au cœur de ce vaste marais, à proximité d’un plan d’eau naturel protégé et de l’estuaire de la Seine, la réserve, site propice à la nidification, peut accueillir de nombreux oiseaux migrateurs.
Outre les espèces appréciant les milieux ouverts comme le pipit farlouse ou le vanneau huppé, on trouve des oiseaux caractéristiques des prairies pâturées marécageuses : l’oie cendrée, la bécassine des marais, les courlis cendré et corlieu.


Cigogneaux
source : Parc de Brotonne
Le busard Saint-Martin et le hibou des marais viennent y chasser. Celui-ci, comme le butor étoilé, y hiverne fréquemment.
Un couple de cigognes blanches nidifie avec succès depuis 1992, installé sur un nid artificiel construit à dessein pour favoriser le retour de ce grand échassier autrefois plus fréquent.
La réserve constitue également un habitat privilégié pour de nombreux insectes. Les espèces floricoles (syrphes, abeilles, papillons) bénéficient de l’abondance des dicotylédones, pendant que la présence des herbivores, non vermifugés, tout au long de l’année permet aux espèces coprophiles (utilisant les bouses et crottins) d’accomplir leur cycle de reproduction. Le miroir et la nudarie vieille sont parmi les nombreuses espèces présentes sur la réserve.

 

Gestion :

Région : Haute-Normandie – Département : Eure
Commune : Sainte-Opportune-la-Mare – Superficie : 93,3 ha
Réglementation : décret n°94861 du 29/09/1994
Gestionnaire :
Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande,
76940 Notre-Dame de Bliquetuit
Tél. 02.35.37.23.16

Accueil et renseignements :

La réserve n’est pas accessible librement au public : les visites se font, sur réservation ou à dates fixées, accompagnées par un animateur spécialisé du CE.DE.NA.

CE.DE.NA :
CEntre de DEcouverte de la Nature du Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande
Place de l’église
27680 Sainte-Opportune-la-Mare
Tél.02.32.56.94.87).

Pour tout autre renseignement (gestion, cheptel, études, etc.),
consulter le Parc naturel régional des Boucles de la Seine Normande:

76940 Notre-Dame de Bliquetuit
Tél : 02.35.37.23.16

 

Sur les Chemins de la Mémoire :

Une façon de ne pas bronzer idiot vous est proposé cet été: parcourir les chemins de la mémoire qui ont été étudiés et installé en divers points du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande.

- Les Sentiers Historiques et Archéologiques de Vatteville la Rue (1h, 1h30 et 3h à pied)
- Le Circuit de Pont Audemer au fil de l'eau (1h30)
- Le Circuit de découverte de Quillebeuf Sur Seine (1h30)
- Le Circuit de la pointe de la Roque à St Samson de la Roque.