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Les forêts domaniales

Le Parc des
Boucles de la Seine

La Risle


 

 

 

 

Le bassin versant de la Risle :
Caractéristiques générales :

Le bassin versant couvre une superficie de 2 200 km2 répartie entre les départements de l’Eure (à 80 %) et de l’Orne.

284 communes sont incluses dans les limites hydrographiques du bassin.
La population se concentre dans les vallées, principalement en basse et moyenne Risle. Les plateaux sont les domaines de l’habitat dispersé et de l’agriculture.
Les principales villes, dont la majorité se localisent à proximité des cours d’eau, sont Bernay, l’Aigle, Pont-Audemer, Brionne, Le Neubourg , Beaumont-le-Roger et Rugles.

Le bassin s’étend sur cinq régions naturelles séparées par la Risle et par son affluent principal, la Charentonne.
Le Lieuvin est situé à l’ouest, le Roumois et la plaine du Neubourg à l’est, le Pays d’Ouche entre les deux cours d’eau et le Perche au sud. La spécificité de ces régions entrecoupées par les vallées encaissées offre des paysages remarquablement variés.
L’agriculture tient une place prépondérante dans l’occupation des sols. En partie orientale, l’openfield céréalier prédomine tandis qu’à l’Ouest, les exploitations de taille moyenne partagent leur surface entre les prairies permanentes et les labours. À l’instar de la Basse-Normandie, la production laitière et le blé constituent les ressources principales. Toutefois, pour le Pays d’Ouche, traditionnellement consacré à l’élevage, la part des labours tend à augmenter.
L’activité industrielle est notable dans les vallées, en périphérie des grandes agglomérations.
La Risle est un fleuve aux eaux vives de 159 km. Elle prend sa source dans les collines de la région naturelle du Perche (altitude 275 m) et se jette dans l’estuaire de la Seine à Berville-sur-Mer.
Le principal affluent de la Risle est la Charentonne (57 km), lui-même grossi par la Guiel (22 km).
La Charentonne prend également sa source dans la région naturelle du Perche et conflue avec la Risle à Serquigny. Parmi les 17 autres affluents de la Risle, les plus importants sont : la Veronne (14 km), la rivière de Tourville (13 km), la Corbie (11 km), la rivière du Bec (8 km) et la rivière d’Authou (4,8 km).
D’un point de vue administratif, la Risle est un cours d’eau non domanial à l’exception du secteur allant de Pont-Audemer à l’estuaire de la Seine qui appartient au domaine maritime.
Les polices des eaux et de la pêche sont assurées par les DDAF de l’Orne et de l’Eure sur l’ensemble des cours d’eau sur la Risle maritime où la police de la pêche relève de la Direction Départementale des Affaires Maritimes.
Enfin, la Risle et ses affluents sont classés en 1e catégorie piscicole et figurent parmi les cours d’eau à migrateurs sur lesquels la franchissabilité des ouvrages aux grands migrateurs (saumon, truite de mer, truite fario) doit être assurée.

La ressource en eau souterraine :

La ressource en eau souterraine du bassin réside dans l’aquifère de la craie du crétacé supérieur. La forte potentialité de la nappe est exploitée pour fournir l’intégralité de l’eau potable distribuée par les syndicats d’adduction d’eau potable et pour des usages industriels ou agricoles.
Les eaux sont de qualité bonne à passable.
Les teneurs moyennes en nitrate n’excèdent pas 25 mg/l sauf pour le plateau du Neubourg, le Roumois, le canton de Bernay Ouest et une partie du Pays d’Ouche où elles varient entre 25 et 40 mg/l. En outre, aucune teneur excessive en pesticides n’a été détectée.
La nappe de craie est protégée par une couverture de limons et d’argile à silex. Mais, cette protection fait défaut par endroits où des gouffres naturels (bétoires) recueillent les eaux de ruissellement qui suivent ensuite un écoulement rapide dans les réseaux karstiques (drains naturels et fissures).

 

L’impact des activités économiques
L’activité industrielle :

Les sites industriels se concentrent dans les vallées de la Risle et de la basse Charentonne.
Issues d’une longue tradition industrielle, les usines de traitement de surface et métallurgie tiennent une place prépondérante tout au long des deux cours d’eau. Les sites les plus importants sont localisés d’amont en aval à Rai, l’Aigle, Saint Sulpice sur Risle, Rugles, Beaumont-le-Roger, Menneval, Brionne et Pont-Audemer.
Malgré les efforts considérables entrepris par les usines pour réduire les rejets en rivière, la pollution polymétallique demeure préoccupante. Les dernières analyses (1996) révèlent des teneurs anormales de métaux dans les sédiments pour la moitié du linéaire de la Risle. Les secteurs critiques concernent essentiellement la Risle entre Rai et Ambenay, et la Charentonne dans sa partie amont. Les contaminants les plus répandus sont le cuivre, le zinc, le cadnium, le chrome, le plomb et le nickel.
Toxiques à faible dose, ces composés qui se bioaccumulent dans les organismes, pénalisent la qualité biologique des eaux.
La basse et la moyenne Risle regroupent le reste des activités industrielles :
- Les industries de la chimie, de la plasturgie et de la cosmétique se concentrent principalement dans une zone délimitée par Bernay, Serquigny et Brionne ;
- Pont-Audemer est le siège de papeteries et cartonneries qui génèrent une pollution importante ;
- Les industries agroalimentaires les plus significatives se situent à Nassandres, au Neubourg et à Montfort sur Risle.
Outre la pollution chronique engendrée par ces usines, les risques de pollution accidentelle menacent l’intégrité des rivières.

L’agriculture :

La part des surfaces agricoles utiles (SAU) mises en culture a nettement progressé au cours des vingt dernières années.
Cette évolution touche particulièrement le Pays d’Ouche où 43 % de la superficie des prairies a disparu entre 1975 et 1993. En amont de Ferrière sur Risle, les cultures occupent même les fonds de vallée, traditionnellement maintenus en prairie.
Par ailleurs, la proportion des surfaces drainées a connu la même évolution sous l’action des 18 Associations Syndicales Autorisées de Drainage et des 12 Syndicats d’Assainissement Agricole présents sur le bassin versant.
Outre la banalisation des paysages, de telles modifications engendrent des problèmes de régulation hydraulique. Effectivement, les sols dénudés soumis à l’érosion accentuent le ruissellement au détriment de l’infiltration. Il en résulte un accroissement de l’envasement des rivières et des débordements plus fréquents.
Afin de pallier cette situation, des opérations agricoles locales ont été initiées en 1994 dans le Lieuvin et en 1995 dans le pays d’Ouche. Instaurées pour 5 ans, ces mesures incitent les exploitants agricoles à préserver les prairies en vallée et à rénover les vergers cidricoles.
Concernant la pollution agricole, les nitrates et les pesticides ne constituent pas une préoccupation majeure sur le bassin.
Par contre, les nombreux élevages peuvent avoir un impact important sur la qualité des eaux tant par la matière organique déversée que par la contamination bactérienne.

 

Qualité des milieux aquatiques

 

Qualité biologique :

Le décret du 27 avril 1995 classe l’intégralité de la Risle et de ses affluents au titre de l’article L.232-6 du code rural comme cours d’eau à migrateurs.
Par ailleurs, l’arrêté du Ministère de l’Environnement du 18 avril 1997 a fixé la liste des espèces migratrices de poissons pour la Risle avale et ses affluents jusqu’à la confluence avec la Charentonne (la Charentonne étant exclue).

Dans l’ensemble, les rivières présentent des habitats variés et potentialités piscicoles élevées. Toutefois, de grandes discordances subsistent d’un secteur à l’autre. La qualité piscicole est altérée à l’aval des agglomérations à cause des pollutions industrielles et domestiques. En outre, les ouvrages hydrauliques (vannages, moulins, centrales hydroélectriques…) multiplient les faciès d’écoulement lentiques, incompatibles avec les exigences salmonicoles, et constituent des obstacles à la remontée des migrateurs. Sur près de 200 ouvrages répertoriés, 60 % sont réputés infranchissables en amontaison et/ou en dévalaison.
Enfin, les phénomènes localisés de précipitation calco-carbonique (sur la Guiel et la Charentonne) et d’envasement stérilisent les fonds de rivières et annihilent les frayères.
Le peuplement piscicole est essentiellement cyprino-truiticole. La truite fario domine en biomasse jusqu’à la confluence avec la Charentonne. À l’aval, les gardons et les anguilles sont les espèces les plus représentées.

 

 

Les zones humides et les milieux naturels remarquables :

L’hétérogénéité des sols et des conditions climatiques locales sont à l’origine de milieux diversifiés. Le bassin contient de nombreuses ZNIEFF au cœur des vallées et deux sites classés (au titre de la loi du 2 mai 1930) pour leur intérêt paysager : Les vallées de la Guiel et de la Charentonne en amont de Bernay et de la Risle entre Brionne et Pont-Audemer.
Par ailleurs, les lits mineurs de la Risle, de la Guiel, et de la Charentonne ainsi que le lit majeur de la Risle en aval de l’A 13, figurent sur la liste des sites susceptibles d’être intégrés dans le réseau Natura 2000 dont l’objet est la préservation de milieux naturels d’intérêts communautaires. Enfin, au nord du bassin, les communes de Saint Samson de la Roque, Saint Sulpice de Graimbouville, Foulbec,, Manneville sur Risle, Pont-Audemer et Routot sont incluses dans le Parc des Boucles de la Seine et la récente réserve naturelle de l’estuaire de la Seine (décret du 30 décembre 1997) s’étend sur les communes de Berville sur Mer, Conteville et St Samson de la Roque.
Mais la mise en culture des sols hydomorphes, les extractions de granulats et le développement de l’urbanisation ont réduit la superficie des espaces naturels remarquables comme les tourbières (étang de la Caboche à La Haye du Theil), les pelouses calcicoles de Basse Risle ou les landes sèches dont quelques restes subsistent à Foulbec et à Conteville.
Parmi les milieux menacés, les zones humides (vallées de la Risle et de la Charentonne), qui représentent un intérêt majeur vis-à-vis du fonctionnement hydraulique global des vallées alluviales et sur le plan écologique, méritent une protection particulière.

Les inondations :

Les inondations par débordement de rivière surviennent généralement lors de mois pluvieux de novembre à mars. Les collectivités situées en basse et moyenne Risle ainsi que Bernay, Montreuil l’Argilé et l’Aigle figurent parmi les secteurs les plus exposés.

Plusieurs facteurs sont à l’origine des inondations :

- Les apports des affluents drainant des bassins à fortes pentes engendrent des crues rapides et importantes à l’occasion des précipitations intenses ;
- L’envasement ou l’encombrement du lit mineur par manque d’entretient réduit la capacité d’écoulement des cours ;
- Les nombreux moulins, vannages, seuils et dérivations usinières constituent autant d’obstacles à l’écoulement et modifient fondamentalement la morphologie naturelle des rivières. Par ailleurs, la mauvaise gestion et le défaut d’entretien des ouvrages accentuent les débordements ;
- La mise en culture des terres agricoles accroît le ruissellement.

 

La pêche :

 

La Risle est renommée de longue date auprès des pêcheurs comme rivière à salmonidés. Elle était en outre le lieu de reproduction des migrateurs : saumons et truites de mer avant que les obstacles n’entravent leur périple. La pêche est privée sur la majeure partie du linéaire. La gestion halieutique est en partie assurée par les onze Associations de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques (AAPPMA) répartis sur la Risle, la Charentonne et la Guiel.

 

Les loisirs nautiques :

 

L’engouement pour les sports nautiques se développe sur la Risle qui compte plusieurs clubs de canoë kayak situés à St Martin d’Ecublei, Beaumont-le-Roger, Brionne, Montfort sur Risle et Pont-Audemer.
Aucun site de baignade autorisée n’est présent sur les rivières.

 

L’entretien et l’aménagement des rivières :

Sept structures se partagent l’entretien des cours d’eau ; Il s’agit de :

Eure
L’association syndicale de la Risle 1e section
L’association syndicale de la Risle 2e section
L’association syndicale de la moyenne vallée de la Risle
L’association syndicale de la Charentonne
Le syndicat intercommunal de la basse vallée de la Risle
Le syndicat de lutte contre les inondations de la Tourville et Doult Vitran.
Orne
Le syndicat intercommunal d’aménagement de la Risle.

Les interventions concernent des opérations classiques de curage, de faucardage, d’entretien des berges ainsi que les opérations lourdes comme les recalibrages, les reprofilages et la restauration d’ouvrages.
Par ailleurs, les plans simples de gestion institués par la loi Barnier du 2 février 1995 offrent aux propriétaires riverains la possibilité d’entreprendre directement des travaux courants d’entretien subventionnés, mais ils n’ont pas encore été mis en œuvre sur le bassin de la Risle.
Hormis des problèmes d’envasement touchant particulièrement les petits affluents et de dégradation ponctuelle des berges, les rivières sont maintenues en bon état.
Cependant, la compétence territoriale limitée de ces structures entra îne un manque de cohésion dans les travaux et ne permet pas de résoudre efficacement le problème des inondations.

 

Guide de l’entretien des cours d’eau

Pourquoi entretenir les berges des cours d’eau ?
L’évolution permanente, au fil des saisons, de la végétation, implique des actions ponctuelles, répétées mais modérées. Ainsi en n’entretenant pas ou de manière inconsidérée la végétation riveraine, la résistance des berges, les apports nutritifs extérieurs sont diminués. Un cours d’eau doit être restauré et / ou entretenu en fonction de ses caractéristiques et de ses qualités et non pas seulement en fonction d’un usage ou d’un rôle particulier.
De plus, des lois existent et demandent aux propriétaires d’entretenir les berges des cours d’eau.

Les bons gestes de l’entretien
Privilégier les méthodes manuelles.
Favoriser un couvert végétal diversifié, tant au niveau de l’espèce qu’au niveau de l’âge des arbres.
Respecter les cycles naturels (intervenir aux bonnes périodes) :
- Fauchage au printemps et en été.
- Étêtage, recépage et débroussaillage en automne et en hiver.

Quelques exemples :
Ne couper qu’un arbre sur deux ou trois pour éviter un ensoleillement trop important.
Alterner ces coupes d’une berge à l’autre.
Étêter les saules et les frênes à l’automne.
Couper pour le recépage les aulnes et noisetiers.
Restaurer et protéger les berges (lorsque cela est réellement nécessaire) au moyen de techniques végétales.
Replanter les berges avec nos espèces locales ayant des racines qui s’étendent loin (aulne, saule…).

Les erreurs à ne pas commettre
Ne pas traiter les berges avec des produits chimiques.
Ne pas faucher systématiquement et totalement les berges.
Ne pas utiliser de pelleteuse ou d’engin mécanique lourd.
Ne pas laisser s’accumuler de branches ou de déchets qui risquent de provoquer des inondations en aval.
Ne pas faucarder les plantes aquatiques sur toute la largeur du cours d’eau pour préserver les abris et la nourriture des animaux.
Ne pas enlever les obstacles naturels dans le lit de la rivière (pierres, îlots…) pour conserver la diversité et permettre une meilleure oxygénation de l’eau.

 

Contact :
L’Association pour la préservation des rivières et des ruisseaux de la Communauté de Communes de Pont-Audemer :
Créée en 1997, elle permet aux riverains de cours d’eau situés sur le territoire de la communauté de communes, d’entretenir leurs berges grâce au service environnement et ses emplois verts.

Siège social :
Hôtel de Ville
BP 429
27502 Pont-Audemer cedex

Guide disponible dans les mairies de la Communauté de Communes.

 

 

Contact :

DIREN de Haute-Normandie, d’après le dossier préliminaire à la mise en place du SAGE de 1998.
22 place Gadeau de Kerville
76100 Rouen
Tél : 0232813560